Ce lundi soir, l’Hôtel de Ville de Paris a célébré en grande pompe la «Nuit du Ramadan» en présence d’Anne Hidalgo et du recteur de la grande mosquée de Paris. Au programme: concert d’un groupe marocain et rupture du jeûne autour d’un cocktail d’amandes et de lait.

Alors voilà: je suis admirative du jeûne qu’accomplissent chaque jour mes compatriotes musulmans, surtout en ces périodes de forte chaleur. Je suis heureuse que ce jeûne favorise la convivialité et le partage, notamment avec les autres religions, comme à Verdun où l’imam a invité les représentants des autres cultes à venir partager la rupture du ramadan. Mais je voudrais qu’on m’explique.

Je voudrais qu’on m’explique pourquoi les crèches représentaient une telle atteinte à la laïcité en décembre dernier, et pourquoi la rupture du jeûne échappe aujourd’hui miraculeusement à ce régime (sans mauvais jeu de mots).

Je voudrais qu’on m’explique comment la gauche peut encore décemment ériger la laïcité en valeur suprême de la République après ce type de manifestation, et comment les Français peuvent encore croire au bien-fondé d’une laïcité à géométrie variable, appliquée selon les intérêts clientélistes de chacun.

Je voudrais qu’on m’explique, s’il ne s’agit pas de clientélisme, pourquoi Madame Hildago et la Ville de Paris ne montrent pas le même empressement à organiser une «Nuit de Kippour» ou encore une «Nuit du Carême».

Je voudrais qu’on m’explique comment mes compatriotes musulmans peuvent être dupes de cette opération bassement électoraliste, opérée par ceux-là même qui s’acharnent depuis deux ans à détruire des valeurs familiales dans lesquelles les musulmans se reconnaissent.

Voilà tout ce que je voudrais qu’on m’explique, au nom de la justice et du bon sens. Et je ne pense pas être la seule.

Tribune publiée sur FigaroVox : http://www.lefigaro.fr/vox//2015/07/06/…