Madeleinede Jessey

Dossier · langue et apprentissages

Lecture, grammaire, vocabulaire : comprendre les fondamentaux

Ce dossier distingue les données publiques, les notions pédagogiques et les propositions défendues dans L’École des illettrés.

Publié le 3 septembre 2026Sources : DEPP, CSEN, ministère de l’Éducation nationale

Réponse courte

La maîtrise de la lecture repose à la fois sur l’identification précise des mots, la fluidité, le vocabulaire et la compréhension. La grammaire aide à comprendre les relations entre les mots et à construire une pensée articulée. Ces compétences conditionnent les apprentissages dans toutes les disciplines ; elles nécessitent un enseignement explicite, progressif et régulier.

Que montrent les évaluations publiques ?

La DEPP mesure chaque année les acquis des élèves à l’entrée en sixième. Pour 2024, 42,8 % des élèves atteignaient une maîtrise satisfaisante en compréhension de l’écrit. Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale indique également que 15,3 % des élèves de sixième restent sous le niveau attendu en CE2 en lecture.

Donnée et interprétation : ces chiffres sont des données institutionnelles. Ils décrivent des niveaux observés ; ils ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une cause unique ni à valider l’ensemble des thèses d’un essai.

Décodage et compréhension sont-ils opposés ?

Non. Décoder consiste à relier les signes écrits aux sons et à identifier précisément les mots. La compréhension mobilise le sens des mots, la syntaxe, les connaissances du lecteur et sa capacité à établir des liens. Lorsque l’identification des mots devient fluide, davantage d’attention peut être consacrée au sens.

Le ministère de l’Éducation nationale présente l’apprentissage de la lecture comme une progression associant identification des mots, compréhension, lecture à voix haute et enrichissement du vocabulaire. Le Conseil scientifique souligne lui aussi la complémentarité entre décodage, compréhension et vocabulaire.

Pourquoi le vocabulaire est-il un enjeu scolaire ?

Comprendre un texte suppose de connaître une part suffisante des mots qui le composent. Un vocabulaire limité peut donc empêcher un élève d’accéder au sens, même lorsqu’il parvient à prononcer correctement les mots. Le vocabulaire se développe par les échanges oraux, la lecture, l’étude explicite des mots et leur réemploi régulier.

Dans L’École des illettrés, Madeleine de Jessey relie le vocabulaire à la liberté intellectuelle : disposer de mots précis permet de distinguer, nuancer, argumenter et exprimer ce que l’on vit.

À quoi sert la grammaire ?

La grammaire rend visibles les relations qui organisent une phrase : qui agit, sur quoi, à quel moment et sous quelles conditions. Elle aide à comprendre un texte, mais aussi à produire une expression claire. Cette fonction dépasse le cours de français : un énoncé de mathématiques, une consigne scientifique ou une source historique reposent également sur des relations syntaxiques.

Pourquoi l’écriture et la mémoire comptent-elles ?

Écrire oblige à choisir des mots, organiser une phrase et rendre une pensée intelligible. La pratique régulière de l’écriture consolide donc les apprentissages linguistiques. La mémoire fournit quant à elle les mots, règles, textes et repères que l’intelligence peut mobiliser pour comprendre une situation nouvelle.

Quel rôle joue l’attention ?

Lire un texte long, écrire et résoudre un problème nécessitent de maintenir son attention. Les débats sur les écrans portent notamment sur la fragmentation du temps, les sollicitations permanentes et la place laissée aux activités lentes. Les effets varient selon l’âge, le contenu, la durée et le contexte d’usage ; les formulations absolues doivent donc être évitées.

Les six priorités défendues dans le livre

  1. apprendre à lire avec une méthode explicite, progressive et structurée ;
  2. enseigner quotidiennement grammaire, vocabulaire, orthographe et expression écrite ;
  3. redonner une place au travail de la mémoire ;
  4. protéger l’attention et le temps long ;
  5. évaluer avec sincérité afin de corriger les difficultés ;
  6. donner aux enseignants une formation solide et des programmes cohérents.

Ces propositions constituent la position de l’autrice. Leur mise en œuvre et leurs effets doivent être discutés à partir des travaux scientifiques, des évaluations et de l’expérience des enseignants.

Sources publiques