Apprendre à lire avec méthode
Garantir à chaque enfant un déchiffrage précis et fluide grâce à un apprentissage explicite, progressif et structuré.
Une étudiante d’hypokhâgne bute sur un mot latin dont la traduction figure en note de bas de page. « Madame, je sais pas c’est quoi ce mot. »
De cette scène est né un livre sur l’effondrement de la langue à l’école, et sur ce qu’il faudrait faire pour y remédier. De la Sorbonne au collège de quartier sensible, des prépas scientifiques aux prépas littéraires, Madeleine de Jessey enseigne depuis une dizaine d’années. Elle raconte ce qu’elle a vu, remonte à la racine du mal, et propose un plan pour toute la chaîne de transmission, du CP au bac.
Parution le 2 septembre 2026 · 256 pages · 19,90 €
01
« La maîtrise de la langue est une composante fondamentale de notre liberté. »
Madeleine de Jessey, L’École des illettrés
02
Pourquoi ce livre
Septembre 2021, lycée de région parisienne. Une étudiante d’hypokhâgne passe sa colle de latin devant moi. Texte de niveau débutant, sans piège. Elle bute sur un mot dont la traduction est pourtant donnée en note de bas de page : « doué de ». Je le lui fais remarquer. Elle lève les yeux, mi-amusée, mi-gênée : « Madame, je sais pas c’est quoi ce mot. » Nous sommes dans une filière censée rassembler l’élite des élèves littéraires de France. J’ai reçu bien des claques dans ma carrière d’enseignante ; aucune ne m’a autant accablée que celle-là.
Éléa n’est pas un cas isolé. Trois ans plus tard, dans un établissement privé des beaux quartiers, c’est Jean qui lèvera la main : « Madame je peux aller chercher mon livre dehors ? Je crois je l’ai oublié sur un banc. » Qu’on le comprenne : aucun prénom, aucun milieu, aucun profil d’élève n’échappe plus à cet effondrement, dont se plaignent tous les enseignants, toutes matières et toutes sensibilités politiques confondues.
Il ne s’agit pas, dans ce livre, de railler les lacunes de nos élèves ni d’enfiler leurs plus belles « perles » : d’autres s’y sont livrés sans que cela ne fasse rien à l’affaire. Ce qui me révolte est ailleurs. Ces jeunes sont souvent travailleurs et volontaires. Faute d’avoir reçu à l’école les bases de leur propre langue, ils n’atteindront pas leurs objectifs et ne déploieront jamais leur intelligence dans toute l’étendue de ses capacités. Quand les parents peuvent compenser, l’enfant s’en sort ; j’en sais quelque chose, les miens m’ont retirée en catastrophe d’une classe de CP où l’on m’avait déclarée « déficiente » parce que je ne comprenais rien à la méthode mixte. Les autres en paient le prix fort.
J’ai donc voulu remonter à la racine du mal, chapitre après chapitre : méthodes de lecture, écrans, abandon du par cœur et de la grammaire, bulletins et bac falsifiés. Il ne saurait y avoir de remède efficace sans diagnostic correctement établi. Et rien de tout cela n’est une fatalité.
Madeleine de Jessey
03
Reconstruire
Garantir à chaque enfant un déchiffrage précis et fluide grâce à un apprentissage explicite, progressif et structuré.
Enseigner quotidiennement la grammaire, le vocabulaire, l’orthographe et l’expression écrite.
Transmettre des textes, des règles et des repères qui donnent à l’intelligence les ressources nécessaires pour penser.
Limiter l’exposition excessive aux écrans et préserver le temps long de la lecture, de l’écriture et de la réflexion.
Détecter les difficultés suffisamment tôt pour pouvoir réellement les corriger.
Donner à ceux qui transmettent une formation solide, des programmes cohérents et la liberté d’exercer leur métier.
« L’école doit solidement structurer les esprits avant de les inciter à prendre leur envol »
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Dans le livre
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Entretiens et interventions
Prochains entretiens
Après leur diffusion, retrouvez dans cette rubrique les entretiens complets, ainsi qu’une sélection d’extraits.